{"id":5398,"date":"2022-03-02T14:06:07","date_gmt":"2022-03-02T14:06:07","guid":{"rendered":"https:\/\/alst.org\/?p=5398"},"modified":"2024-03-12T06:31:04","modified_gmt":"2024-03-12T06:31:04","slug":"temoignages-de-marcel-sutter","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alst.org\/fr\/education-fr\/biographies-fr\/temoignages-de-marcel-sutter\/","title":{"rendered":"T\u00e9moignages de Marcel Sutter"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Marcel Sutter (1919-1943)<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignleft size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"144\" height=\"200\" src=\"https:\/\/alst.org\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/marcel-sutter.jpeg\" alt=\"Foto von Marcel Sutter\" class=\"wp-image-1954\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Marcel Sutter naquit le 3 janvier 1919 \u00e0 Mulhouse, en Alsace. Jeune homme brillant, il poursuivait des \u00e9tudes en \u00e9lectrotechnique pour devenir ing\u00e9nieur lorsque la deuxi\u00e8me guerre mondiale \u00e9clata, l\u2019obligeant \u00e0 interrompre sa formation. Incorpor\u00e9 dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, il fut d\u00e9mobilis\u00e9 lors de l\u2019annexion de l\u2019Alsace par l\u2019Allemagne, en 1940. De retour chez lui, il d\u00e9couvrit que sa m\u00e8re et sa soeur fr\u00e9quentaient les r\u00e9unions religieuses des T\u00e9moins de J\u00e9hovah. Ces r\u00e9unions se tenaient en grand secret car le r\u00e9gime nazi avait interdit les T\u00e9moins de J\u00e9hovah en Allemagne et dans les territoires occup\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Marcel, un jeune \u00e9picurien qui aimait profiter des plaisirs de la vie, n\u2019\u00e9prouvait que peu d\u2019int\u00e9r\u00eat pour les questions spirituelles. Pourtant, un soir de printemps 1941, il accepta d\u2019assister \u00e0 une r\u00e9union religieuse sur l\u2019insistance de sa s\u0153ur. Ce qu\u2019il y entendit suscita chez lui une foule de questions. Il s\u2019adressa alors \u00e0 Adolphe Arnold, un T\u00e9moin de J\u00e9hovah pr\u00e9sent sur les lieux, qui accepta de lui r\u00e9pondre apr\u00e8s avoir trouv\u00e9 un endroit o\u00f9 ils pouvaient parler en toute discr\u00e9tion. Marcel entreprit par la suite un examen approfondi de la bible et sa conscience le poussa \u00e0 conformer rapidement sa vie aux principes qu\u2019il y d\u00e9couvrait. Adolphe et son \u00e9pouse Emma, touch\u00e9s par le s\u00e9rieux et la pers\u00e9v\u00e9rance du jeune homme, le re\u00e7urent r\u00e9guli\u00e8rement chez eux pour l\u2019aider dans son \u00e9tude en d\u00e9pit des risques d\u2019arrestation toujours croissants. Marcel se fit baptiser secr\u00e8tement au bout de plusieurs mois de recherches bibliques assidues. A peine quelques jours plus tard, les principaux membres masculins des T\u00e9moins de J\u00e9hovah locaux \u2013 y compris Adolphe Arnold \u2013 furent arr\u00eat\u00e9s, et Marcel se retrouva responsable de l\u2019organisation des r\u00e9unions religieuses clandestines de la petite communaut\u00e9 de Mulhouse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1942, \u00e0 l\u2019instar de nombreux autres Alsaciens, Marcel fut recens\u00e9 comme incorporable dans l\u2019arm\u00e9e allemande. Lorsqu\u2019au printemps 1943, il re\u00e7ut son ordre de d\u00e9part, il refusa d\u2019obtemp\u00e9rer car sa conscience ne lui permettait plus de tuer son prochain. Cela lui valut d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9 deux jours plus tard et enferm\u00e9 au camp de Schirmeck, en Alsace. Mais comme il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 par l\u2019arm\u00e9e allemande, la police militaire vint se saisir de lui dans le camp pour l\u2019emmener dans le r\u00e9giment auquel il avait \u00e9t\u00e9 affect\u00e9. Marcel y arriva avec une forte fi\u00e8vre et fut envoy\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital militaire o\u00f9 on le soigna pour une scarlatine. D\u00e8s qu\u2019il fut r\u00e9tabli, on lui demanda de nouveau d\u2019aller se battre. Devant son refus obstin\u00e9, il fut emmen\u00e9 \u00e0 la prison de Torgau, au nord de l\u2019Allemagne. Le 8 octobre 1943, il fut traduit devant un tribunal militaire pour insoumission. Pour sa d\u00e9fense, Marcel invoqua la loi de Dieu qui interdit de tuer son prochain et ordonne de l\u2019aimer. Apr\u00e8s un proc\u00e8s qui ne dura qu\u2019une vingtaine de minutes, Marcel fut condamn\u00e9 \u00e0 la d\u00e9capitation. Sa peine lui fut confirm\u00e9e le 22 octobre 1943.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;Il fut d\u00e9capit\u00e9 comme objecteur de conscience le 5 novembre 1943, \u00e0 la forteresse&nbsp;<em>Roter Ochse<\/em>, \u00e0 Halle. Il avait 24 ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;Depuis quelques ann\u00e9es, la forteresse&nbsp;<em>Roter Ochse<\/em>&nbsp;est devenue un M\u00e9morial o\u00f9 se tient une exposition permanente d\u00e9di\u00e9e \u00e0 tous ceux qui y furent ex\u00e9cut\u00e9s. Le nom de Marcel Sutter figure dans la liste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quelques heures avant sa d\u00e9capitation, le jeune homme \u00e9crivit \u00e0 ses parents la lettre suivante&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Mes chers parents et s\u0153urs,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Lorsque vous recevrez cette lettre, je ne serai plus. Quelques heures \u00e0 peine me s\u00e9parent de la mort. Je vous en supplie, soyez courageux et forts&nbsp;; ne pleurez pas, car j\u2019ai vaincu. J\u2019ai achev\u00e9 la course et gard\u00e9 la foi. Puisse J\u00e9hovah Dieu me soutenir jusqu\u2019\u00e0 la fin&nbsp;! Court est le temps qui nous s\u00e9pare du r\u00e8gne de notre Seigneur J\u00e9sus-Christ. Bient\u00f4t, nous nous reverrons dans un monde meilleur de paix et de justice. J\u2019exulte \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019en ce jour, on n\u2019entendra plus de g\u00e9missements. Comme ce sera merveilleux&nbsp;! J\u2019aspire \u00e0 la paix. Ces derni\u00e8res heures, j\u2019ai beaucoup pens\u00e9 \u00e0 vous et je ressens dans mon c\u0153ur une certaine amertume \u00e0 la pens\u00e9e de ne pouvoir vous embrasser en guise d\u2019adieu. Mais il nous faut \u00eatre patient. Le temps est proche o\u00f9 J\u00e9hovah justifiera son nom et prouvera \u00e0 toute la cr\u00e9ation qu\u2019il est le seul vrai Dieu. Je d\u00e9sire maintenant lui consacrer mes derni\u00e8res heures. Je veux conclure cette lettre et vous dire adieu en attendant de vous revoir bient\u00f4t. Lou\u00e9 soit notre Dieu J\u00e9hovah&nbsp;! Je vous embrasse de tout mon c\u0153ur,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Votre fils et fr\u00e8re qui vous aime,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Marcel<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marcel Sutter (1919-1943) Marcel Sutter naquit le 3 janvier 1919 \u00e0 Mulhouse, en Alsace. Jeune homme brillant, il poursuivait des \u00e9tudes en \u00e9lectrotechnique pour devenir ing\u00e9nieur lorsque la deuxi\u00e8me guerre mondiale \u00e9clata, l\u2019obligeant \u00e0 interrompre sa formation. Incorpor\u00e9 dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, il fut d\u00e9mobilis\u00e9 lors de l\u2019annexion de l\u2019Alsace par l\u2019Allemagne, en 1940. De retour [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1954,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_robots_follow":"","_seopress_robots_imageindex":"","_seopress_robots_snippet":"","_seopress_robots_primary_cat":"184","_seopress_robots_breadcrumbs":"","_seopress_robots_freeze_modified_date":"","_seopress_robots_custom_modified_date":"","_seopress_robots_canonical":"","_seopress_social_fb_title":"","_seopress_social_fb_desc":"","_seopress_social_fb_img":"","_seopress_social_fb_img_attachment_id":0,"_seopress_social_fb_img_width":0,"_seopress_social_fb_img_height":0,"_seopress_social_twitter_title":"","_seopress_social_twitter_desc":"","_seopress_social_twitter_img":"","_seopress_social_twitter_img_attachment_id":0,"_seopress_social_twitter_img_width":0,"_seopress_social_twitter_img_height":0,"_seopress_redirections_value":"","_seopress_redirections_enabled":"","_seopress_redirections_enabled_regex":"","_seopress_redirections_logged_status":"","_seopress_redirections_param":"","_seopress_redirections_type":0,"_seopress_analysis_target_kw":"","_seopress_news_disabled":"","_seopress_video_disabled":"","_seopress_video":[],"_seopress_pro_schemas_manual":[],"_seopress_pro_rich_snippets_disable_all":"","_seopress_pro_rich_snippets_disable":[],"_seopress_pro_schemas":[],"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[184,198],"tags":[],"class_list":["post-5398","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-biographies-fr","category-biographies-fr-2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/alst.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5398","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/alst.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/alst.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alst.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alst.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5398"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/alst.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5398\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11630,"href":"https:\/\/alst.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5398\/revisions\/11630"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alst.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1954"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/alst.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5398"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/alst.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5398"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/alst.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5398"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}